|
|
|
|
|
|
|
| !!
|
le dimanche gras 1975
|
| pour la
première fois un groupe rassemblé par Yv-Mari Séraline fait
son vidé dans les rues de Fort-de-France avec des tambours et
des percussions
|
|
|
|
|
|
|
Carnaval
fusion des peuples
Les racines de la
fête
|
Les origines du carnaval tropical sont
multiples |

illustration yms
|
Jeux
de de la Rome Antique,
Bacchanales, Saturnales, les hommes ont magnifié la fête
sous toutes les formes possibles et pour des raisons variées:
sortie de guerre, victoire, accès au pouvoir, rites païens
ou religieux. Mais l' Europe des grands empires puis celle de
l'occident chrétien, n'ont font que développer pour le
prolonger et parfois s'en insprirer le faste des fêtes
pharaoniques, et celui des sociétés chinoises ou
africaines.
Aussi, en
parallèle, s'est
construit au fil des millénaires une architecture lludique
fondée sur des croyances, des règles auxquelles se sont
attachés des droits et des devoirs, permettant aux
hiréarchies
de se libérer pour que se rencontrent à l'occasion de
moments privilégiés toutes les composantes d'un peuple.
Le spectacle, les réjouissances, les agapes
s'inscrivent
dans la double nécéssité pour l'homme d'
exprimer son exhubérance, ses émotions, et sa propre
vision du monde et dans laquelle apparaît sa crainte du
non-monde.
La dimension de la liesse populaire nous fournit
malgré tout cette image rassurante d'un bonheur collectif, et
de l'esprit d'invention, la créativité s'exprimant dans
la tolérance voire dans la permissivité.
Le
carnaval s'inscrit dans cette figure antagoniste à sa propre
réalité, et qui assume ses contradictions.
|
|

illustration yms
|
Le
carnaval est bien ancré dans
les moeurs des peuples de la caraîbe, après plus d'un
siècle de gestation. Fils de l'Europe et de l' Afrique, il a
pris une dimension culturelle qui en fait un évènement
de premier plan. Avec le temps , le carnaval est certes devenu un
véritable secteur économique, notamment comme un des
leviers du tourisme. Mais c'est aussi un formidable moyen
d'expression et de créativité, dont le peuple sait se
servir. A la Martinique, la liesse populaire s'exprime selon un mode
commun aux autres carnavals mais avec quelques touches originales qui
en font sa spécificité.
Les archives nous
enseignent un
certain nombre de faits qui permettent d'imaginer ce qu'ont pu
être
les prémices d'un carnaval martiniquais.
On peut admettre
que la colonisation de la terre de Martinique par des français
dont une partie importante venaient du nord de la France a
été
l'occasion de l'enracinement de coutumes exportées et
déjà
plusieurs fois centenaires, basées sur le calendrier religieux
européen. Ainsi donc, avec eux se sont installées
quelques pratiques autour du mardi gras et du mercredi des cendres.
D'un autre côté, comment ne pas imaginer que les
esclaves africains déportés depuis leur terre jusqu'aux
caraïbes n'aient pas conservé en eux l'expression des
rythmes, les masques et déguisements propres, l'usage des
instruments à percussions, et l'art des danses tribales
s'exerçant dans un autre contexte.
|
|
Des
chercheurs
apportent comme un des arguments de la liesse populaire
martiniquaise, l'existence de manifestations de population, quand
colons blancs Normands et Parisiens se côtoient chaque
année
pour rendre hommage à Monsieur Du Parquet et à sa femme
s'affrontant dans une joute de costumes plus beaux les uns que les
autres sous les fenêtres de leur château puis dans les
rues de Saint-Pierre donnant ainsi naissance aux célèbres
cavalcades et charivaris de Saint-Pierre.
Une synthèse des
deux courants permet d'accepter sans doute l'idée que le
maître blanc imposant sa religion, et avec elle des
périodes
autorisant la fête sur l'habitation, puis en ville, les
pratiques des populations asservies puis s'affranchissant de
l'esclavage après 1848, entraîna tout naturellement une
couleur spécifique aux pratiques du carnaval martiniquais.
|
|
|
Les
similitudes du peuplement et de d'histoire des différentes
zones de la Caraïbe, démontrent presque toutes une
conséquence analogue : une démarche créative
collective née de cette rencontre des peuples.
Le carnaval
est également synonyme de liberté, d'improvisation,
d'imagination, de délire. C'est ainsi que les chansons
satiriques constituaient un élément essentiel du
carnaval autrefois. Le contenu avait une portée politique et
sociale et servait à la contestation aussi bien qu'à
la dérision, véritable pied de nez à la
société.
La brutalité de leurs propos pouvait même amener les
victimes à l'exil ou au suicide quelquefois à tel
point que certains maires tentèrent de les interdire au
19ème
siècle, sans succès. Aujourd'hui, la mélodie
compte plus que le contenu et la chanson de carnaval a perdu son
rôle
de miroir de la société avec l'apparition des
nouveaux moyens d'expression (liberté de parole, sports,
journaux, radios).
Certaines initiatives privées tentent
toutefois de redonner ses lettres de noblesse à ce pan de
notre patrimoine avec la remise au goût du jour du concours de
la chanson de carnaval et du concours de la chanson créole.
|
Reproduction
interdite
-Conception: Yv-Mari Séraline, Services
Multimédia
-déclaré à la CNIL
|